Des femmes s'engagent...

Imprimer
Complètement Givrées
 

Vanessa Nodari a fondé les Givrées, une association qui lutte contre le cancer du sein. Pour faire parler de cette cause, elle embarque six amies peu habituées aux cimes dans une ascension de 4000 m. Vertigineux !

Lorsque la maladie accable l’un de vos proches, on imagine mal la somme de courage et d’amour qu’il faut pour tenir debout, ne pas pleurer devant ses enfants ou simplement venir au travail et tenter de ne rien laisser transparaître de son chagrin. Yeux noirs, chevelure brune, Vanessa Nodari est de cette trempe. Cette nantaise d’adoption a deux enfants et une maman, Jocelyne, qui se bat contre le cancer depuis plus de 2 ans dans la région de Caen. Mais à 37 ans, Vanessa n’est pas du genre à baisser les bras, mais plutôt à se retrousser les manches. Elle a fondé une association, les Givrées, qui fait de lutte contre le cancer du sein sa raison d’être, et elle en est aujourd’hui la Présidente. « Le jour de mes 35 ans, j’ai appris que ma mère avait un cancer du sein et qu’on allait lui enlever, confie Vanessa. J’ai eu l’impression que c’était le mien qu’on allait retirer. Je suis fille unique et très proche de ma mère. Cela m’a profondément atteint. Je me suis dit aussi que ça pouvait me tomber dessus, n’importe quand, et j’ai pensé à ma fille. »
Dans ces moments-là, la vie bascule, on s’interroge sur le sens que l’on veut donner aux jours qui nous attendent qu’ils soient sombres ou bien lumineux. « J’avais envie de m’investir dans une cause depuis longtemps, dit-elle. C’était en moi. Cette association est la traduction de ma volonté de m’engager pour les autres. Je ne veux pas être spectatrice. » Agir est dans son tempérament et l’effort physique ne l’impressionne pas. Alors, pour mobiliser autour de la cause qu’elle défend, Vanessa imagine un défi hors norme : gravir un sommet dans le massif du Mont Blanc avec une cordée de copines, pas alpinistes pour deux sous, mais galvanisées par leur ardente présidente. « J’ai un grand besoin de partager, je n’avais aucune envie d’y aller seule. » Elle ajoute, pleine de détermination : « C’est un défi physique fort, mais c’est le mental qui va nous emmener là-haut. »
Elsa, Angelina, Géraldine, Katia, Nathalie et Ingrid seront donc de la partie le 8 juillet prochain pour rejoindre un sommet à l’ombre du géant des Alpes, le Mont Blanc du Tacul. « J’ai aussi deux amies, Marie et Stéphanie, qui ont le vertige, mais qui se sont engagées à prendre le téléphérique jusqu’en haut de l’aiguille du midi. Elles veulent se dépasser pour moi et pour notre combat. C’est une grande preuve d’amitiés et d’amour. Toutes mes amies sont les sœurs que je n’ai pas eues. » Une amie graphiste a également dessiné le visuel de l’association : une jeune femme souriante qui soulève son pull et découvre un joli soutien-gorge rose. « Je voulais quelque chose de léger et de glamour, qui contraste avec la lourdeur de la maladie et l’angoisse qu’elle génère. » Mais pourquoi s’attaquer à la montagne ? « J’aime la nature, les grands espaces m’émerveillent, raconte Vanessa. Je ne pouvais imaginer une chose qui me corresponde mieux. »
Les Givrées vont donc grimper haut et dur. Cet effort et ce dépassement de soi sont bien sûr un hommage à la souffrance et au combat que mènent les malades contre leur cancer. Mais le défi sportif est doublé d’un autre : collecter 20 000 euros et les reverser à la recherche médicale via « L’association le Cancer du sein parlons-en ! ». Le magazine Marie-Claire et les cosmétiques Estée Lauder en sont les membres fondateurs. Ils ont eu un coup de cœur pour cette aventure et soutiennent les Givrées dans leur projet d’ascension. « Nous sommes fières de ce partenariat, reconnaît Vanessa. Ce projet fou nous a complètement décomplexées. On a osé frapper à leur porte et ils ont dit banco ! » La somme 20 000 euros ? « Nous avons une ascension de 4000 m qui nous attend, explique la chef de cordée des Givrées. Un don de 5 euros, c’est un mètre de gravi par les Givrées ! » L’intégralité des dons sera reversée à la recherche médicale.
Au-delà de la somme récoltée, Vanessa souhaite sensibiliser le grand public, via la presse féminine entre autres. « Aider la recherche médicale à avancer, c’est important, souligne la jeune femme. Mais informer, expliquer, sensibiliser, c’est aussi important. Je vois aujourd’hui les limites de la médecine qui ne peut pas tout guérir et à n’importe quel moment de la maladie. Trop de familles souffrent. Le cancer du sein de ma mère a été détecté tard. À 60 ans, elle se bat aujourd’hui contre un cancer du poumon. Le dépistage organisé existe à partir de 50 ans, mais beaucoup de femmes ne le font pas. Or plus un cancer est décelé tôt, plus les chances de guérison sont fortes. » Près de 53 000 nouveaux cas de cancer du sein sont détectés chaque année en France. Une femme sur huit est touchée dans notre pays au cours de sa vie. C’est dire si nous sommes tous concernés, de loin ou de près. Cela explique aussi pourquoi on grimpe parfois si haut pour faire parler de cette belle cause. Et, une fois tout là-haut, on a cette chance extraordinaire de se sentir plus vivante que jamais.
David Pouilloux
Copyright 2011. Free joomla templates | Les Givrées